Nedjma, K.Yacine

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Un livre qui me fait tout chaud!
Ce roman a la particularité d’être publié en 1956, alors que l’Algérie est encore Française, en langue française pour crier le besoin, la quête de liberté, d’indépendance de l’Algérie.

Il y a dans ce roman principalement cinq protagonistes qui sont Mustapha, Lakhdar, Mourad, Rachid, et Nedjma.
Nedjma  est le prénom de l’héroïne, du centre du roman.

Il  y a dans le roman  un rapport particulier à l’écriture puisque l’on y retrouve la tradition orale des peuples nomades d’Algérie mais retranscrit à l’écrit ce qui représente en quelque sorte “l’apport de la colonisation”

En effet, il n’y a pas véritablement de tradition romanesque – au sens occidental – dans les cultures Arabe et Kabyle. Ce sont des cultures basées essentiellement sur une transmission orale et dans le cadre de la culture Arabe, on retrouve surtout la poésie et non pas la forme du roman. ( Je connais très peu la culture Kabyle, j’en suis désolée)

La construction du roman et l’écriture-même peuvent donc perturber au premier abord mais retranscrit très bien cette tradition essentielle à laquelle l’auteur est très attaché.

D’ailleurs, Nedjma ( le personnage) symbolise cette dualité “entre tradition et modernité.”
Tout au long de l’œuvre, on perçoit une forte influence de la guerre d’Algérie et la douleur que cela évoque à l’auteur. Une douleur liée à la question de l’identité.

On sent l’attachement du narrateur à sa culture, au métissage, à la terre d’Algérie et quelque part la culpabilité d’avoir réussi par la culture française, la frustration de ne pas avoir appris la langue de sa mère. Mère avec qui la langue est un véritable obstacle.
Ce problème se retrouve aussi dans l’exil : partout où il va, où il est, il se sent étranger.
On sent aussi dans ce roman un amour pour la femme, pour sa liberté.
Ce roman est un roman poétique avant tout.
Nedjma, c’est le cri d’un homme qui a souffert pour la liberté de son pays et qui tout au long de sa lutte pour l’indépendance vouait un culte à la culture française.  Entre amour et haine, on se retrouve fasciné par ce roman, envoûté par l’écriture de Kateb Yacine et l’amour qu’il porte à l’Algérie.
D’ailleurs, il est assez intéressant de savoir que Kateb Yacine se réapproprie son identité par l’écriture et notamment le théâtre.
J’ai été très touchée par cette écriture, ce roman et la vision de l’amour de Kateb Yacine.

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