L'hibiscus pourpre, Chimamanda Ngozi Adichie

Je voulais dire à Mama qu’effectivement, ça paraissait différent en revenant, que notre salon avait trop d’espace vide, trop de sol de marbre gaspillé, qui luisait, astiqué par Sisi, sans rien loger. Nos plafonds étaient trop hauts. Nos meubles étaient sans vie : les tables en verre ne perdaient pas de tortillons de peau pendant l’harmattan, l’accueil des canapés en cuir étaient d’un froid collant, les tapis persans trop luxueux pour avoir du sentiment.

Il s’agit là d’une lecture de la fin de l’été, c’était une lecture étouffante. Et captivante. On voit l’éveil des consciences, on sent la tension, les perceptions qui évoluent. Il y a une émulation certaine de part en part du livre et même en le fermant, on sent encore cette effervescence.
A travers ce qui n’est pas dit, on comprend le désespoir, l’attente et parfois, l’horreur. On s’imprègne du climat et on s’attache à chacun des personnages. Aux lunettes d’Obiora et surtout au rire d’Ifeoma. Une femme que l’on a envie de rencontrer, de côtoyer, avec qui l’on souhaite parler de tout – une femme qui nous proposerait probablement mille et une solutions pour le changement climatique. On grandit avec Kimbili. On s’éveille au monde et aux questions. On retrouve le sens de la richesse qui n’est pas celle qu’on nous déploie.

C’est beau, bien écrit et cela nous donne envie de lire encore et encore cette plume dont je ne me lasse pas.

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