Et sinon, la contraception?

Il y a des jours qui marquent des étapes. Sans rien voir venir, un matin tu te réveilles et tu as révolutionné la veille. Il y a un matin, tu sais qu’il faut que tu prennes RDV chez ton gynéco. Ce médecin que tu vois à fréquence régulière pour un frottis ou tout autre question sur ton utérus. Tu le sais, tu t’y prends en avance parce qu’il faut un demi-siècle pour avoir un RDV .

Ce matin là, alors que la journée débutait comme toutes les autres, j’ai pris mon RDV et en suivant j’ai envoyé un message à Monsieur Viking :

J’ai RDV à telle date. On parle contraception ou bien?

Aussi étonnant que cela puisse paraître jusqu’à ce jour là, je ne m’étais jamais posée la question de la contraception. Je ne m’étais jamais demandé qui était concerné par ma contraception.

  • Me, myself and I

Dans mes lointains souvenirs, je pensais que la contraception. C’était la mienne à moi et rien qu’à moi. Je choisissais seule, je prenais mon RDV en secret et je n’en parlais à personne.
Après tout, il s’agissait de décider pour mon corps. Mon corps, mon choix. Alors autant, il me parait tout à fait évident de décider pour soi de sa contraception ou de son absence de contraception… autant il y a un moment où, lorsqu’on est en couple, il peut être judicieux d’en discuter.
Il me semble donc que la discussion autour de ce sujet dépend du type de relation que l’on a et de son niveau d’engagement.

  • Pourquoi en discuter ?

En discuter pour plusieurs choses. La première, c’est éviter l’isolement.
Combien ont pris leur première contraception en secret? Combien se sont senties définitivement seules, perchées sur leur toilette devant leur test de grossesse? Combien ont manqué d’information? En discuter, c’est partager la responsabilité.
Trop de fausses idées sont encore véhiculées et l’idée d’une contraception fiable à 100% est une leurre ou alors, il s’agit de l’abstinence. Il faut en prendre conscience et bien l’expliquer.
Parfois, une grossesse non désirée survient et ce n’est pas à la femme seule de porter cette charge.
La discussion peut également être celle que nous avons avec nos enfants. Palier l’isolement, c’est éviter de faire de la contraception un sujet tabou ou exclusivement féminin. Les différents scandales relatifs aux pilules par exemple nous montre bien qu’il s’agit avant tout d’une question de santé.
La mise à disposition de préservatif n’est pas un recours informatif ni une prise en charge de la question de la contraception. C’est une solution certes nécessaire mais très superficielle.

  • Informer, éduquer

En discuter aussi parce que la personne qui partage notre intimité peut aussi être au courant de ce qui se passe dans notre corps . Pendant, sept ans, je n’ai pas supporté la pilule. J’en ai changé plusieurs fois, me fiant à ce que je ressentais et passant à côté de certains changements qu’une autre personne aurait pu percevoir de l’extérieur. Du type, mon irritabilité. Au lieu de ça, j’encaissais des réflexions blessantes sur mon instabilité, des désagréments et déconvenues non négligeables et surtout les tests des gynécos qui plutôt que me proposer de changer de mode de contraception, changer le dosage des hormones, les combinaisons de médicaments etc etc…

Subis, femme, si tu ne veux point procréer!

Si je n’en discute pas, si je n’informe pas, la personne qui partage mon intimité est coupée de certaines informations et peut ne pas tout comprendre.
De même, parler et informer sur les différents types de contraception permet aussi à l’éducation de l’autre…et à ce qu’il y prenne sa part également.
Attention, je ne dis pas que l’homme doit choisir/imposer à la place de la femme sa contraception. Mais que l’on soit bien d’accord, on prend un risque de grossesse à deux. On choisit d’avoir un enfant à deux, pourquoi on ne pourrait pas envisager de choisir de ne pas en avoir à deux?

  • Un raison économique : le partage du coût

L’une raison purement économique. La contraception a un coût variable selon celle choisie et son remboursement est tout aussi variable.
Si la contraception permet au couple d’éviter une grossesse non désirée pourquoi ce coût reviendrait-il seulement à la femme?

C’est comme ça, qu’un matin, j’ai donc décidé de parler de contraception. Après le café, par une journée ensoleillée. Parce qu’ouvrir la discussion, c’est aussi un engagement.

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