Mes bien chères sœurs – Chloé Delaume

Incisif, c’est le mot.

Cinglant, aussi.

 

 

Tristement drôle et ironiquement gai, un rythme rapide. Une réécriture du chant des partisans pour le meilleur et pour le meilleur.

Chloé Delaume épouse la sororité, la met au cœur de l’enjeu de demain. Ce demain qui se construit. Elle donne des coups de pieds sur les failles béantes du’une société en déclin. Partout l’on sent cette pression d’une classe, d’un monde qui cherche à sauver les meubles pour partir loin dans la peur d’une révolte imminente.

Cette révolution, cette lutte que j’attends depuis toujours, on y est. Elle est à notre porte. Je me souviens des manifestations anti-CPE et de celles qui ont suivi dans mes années étudiantes. Je me souviens l’attente d’une nouveau Mai 68 pour répartir à nouveau les cartes de l’égalité. Mais nous n’étions pas sœurs, nous étions encore assommées par les prérogatives d’une société de valeurs criantes d’archaïsme et d’injustice.

Soyons juste, il ne s’agit pas d’un manifeste contre les hommes qui prône la supériorité de la femme. Il n’y a pas de supériorité. Ce système de pensée est celui de cette société patriarcale à laquelle on fait la guerre. On parle là d’un système patriarcal/matriarcal auquel on oppose la sororité, le lien horizontal. La femme ne s’est pas construite dans l’habitude de cette sororité, de l’entraide.
Le lien horizontal, c’est l’idée de solidarité, d’entre-aide entre nous. Nous tous.

Chloé Delaume remet donc le lien, la transmission au creux d’un monde à inventer. C’est violent, sanglant, triste, puissant et plein d’espoir.

Sororisons-tous.

 

 

Copine, entends-tu le pouvoir de ce mot sur nos peines?
Copine, entends-tu rire ce jour où ta vie vaut la sienne ?
Ohé!Féministes, suffragettes jusqu’au-boutistes, c’est l’alarme!
La sororité modifie le goût du sang et des larmes.

Rentrez vos canines, être sœurs c’est plus qu’être camarades.
Sortez les cisailles, les hashtags qui mitraillent les grillades.
Ohé, harceleurs, priapiques adipeux, courez vite!
Ohé, prédateurs, attention petits pourceaux, ça retweete.

[…]

 

Cotidiane

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