Mon enfant a un Ami Imaginaire, et alors?

Il n’est pas rare qu’un ami imaginaire apparaisse dans la vie de votre enfant à partir de ses 3 ans. Un beau jour, hop, il est là. Ici, il est arrivé. Puis d’autres ont suivi. Ces amis imaginaires marquent le quotidien de l’Enfant, surtout le soir après l’école ou les weekends. Nous en avons parlé avec la psychologue qui nous a confirmé qu’il s’agissait d’une étape « normale » du développement psychoaffectif de l’enfant. Il fallait l’accepter et écouter.

  • Pourquoi un ami imaginaire ?

Une des premières fonctions de l’ami imaginaire c’est de contrer la solitude. L’ami imaginaire est toujours disponible pour jouer ou donner le change. Il sert également à accepter la réalité. Les enfants grandissent et la réalité n’est pas toujours facile à accepter. Ils commencent à avoir des contraintes : les horaires de l’école, les règles de l’école et on commence également à leur demander de respecter certaines règles de vie.

Une autre de ses fonctions est de pouvoir accuser quelqu’un de ses maladresses, étourderies ou bêtises. Cela permet à l’enfant de ne pas endosser la responsabilité de ces « mauvaises » choses mais aussi d’exprimer des pulsions « négatives », un peu comme la catharsis des tragédies (#profdefrançais) L’ami imaginaire fait une vilaine chose que l’enfant peut verbaliser et extérioriser, cela lui permet aussi de reformuler la règle.

  • Apprendre à se séparer

L’ami imaginaire permet aussi de prendre de la distance, de se rassurer en se disant « je ne suis pas tout seul ». Il peut donc amener l’enfant à plus d’autonomie où au moins, à prendre de la distance avec le/les parents.

A la maison:
Il n’est pas rare depuis deux weekends que l’ami imaginaire quitte la maison pour les allers/retours chez papa. Elle amène un peu de son monde, de son quotidien avec elle et cela la rassure. L’ami imaginaire lui permet aussi de jouer seule dans sa chambre : il mange les soupes et salades qu’elle cuisine ou écoute sagement les histoires qu’elle lit.

  • Accepter la réalité

La réalité est parfois un peu difficile à appréhender pour un enfant. Tout petit, nous accédons facilement à leurs désirs. En grandissant, l’enfant est confronté aux règles de vie et nos exigences éducatives sont moins malléables que lorsqu’ils sont plus jeunes.
Ainsi, ce passage peut être compliqué et l’ami imaginaire permet de mieux l’accepter ou du moins d’en discuter.

A la maison :
Souvent, on peut entendre l’Enfant gronder soit Shade (son ami imaginaire) ou un poupon en reprenant une règle énoncée : se laver les mains pour manger, ne pas jeter ses affaires par terre quand on est en colère…

  • Grandir et définir qui il est

Un ami imaginaire permet aussi à l’enfant d’explorer et expérimenter. A travers l’identité de son ami, il développe son imagination, crée des situations auxquelles il doit répondre et alors, il s’oblige à trouver la réponse qui lui convient le mieux. L’Enfant vit alors dans la peau de plusieurs personnages avant de retrouver ou façonner l’identité dans laquelle il se sent le plus à l’aise.

  • Que doit faire le parent ?

Pas grand-chose. Il ne faut pas s’inquiéter. L’ami imaginaire ne dure pas et ne conduit pas à l’isolement. Il est un moyen d’expression. Il arrive que l’enfant se crée cet ami imaginaire pour mieux traverser une période difficile. L’ami imaginaire permet à l’Enfant de partager sa vie intérieure et à parler de lui. Il faut y être attentif.
Cependant trouver un juste milieu. Ne pas laisser plus de place que cela à cet ami car nous devons rester garant de la réalité devant la puissance de l’imaginaire. Nous devons apprendre à écouter ce qu’il a à nous dire sans être intrusif, c’est sa vie. Derrière les mots de l’ami imaginaire se trouvent les mots/maux de notre enfant. 

A la maison :
On la laisse parler de ses amis imaginaires. La laisser parler d’eux, c’est la laisser parler d’elle. C’est laisser une place à des émotions cachées ou à des situations qui lui demande d’être réglée. Par exemple, son ami ne voulait pas aller à l’école car elle lui avait fait une bonne soupe. Alors elle a appelé le maître pour lui dire que son ami resterait avec elle. A un autre moment, elle lui explique qu’il faut bien faire caca sur les toilettes quand on a mal au ventre. Cela ne signifie pas qu’elle n’a pas envie d’aller à l’école mais que parfois, sur le moment, elle préférerait rester faire ce qu’elle fait : jouer, dessiner, manger. 

  • Les cas où il faut s’inquiéter

Si l’ami imaginaire prend beaucoup de place, s’il est méchant, qu’il veut du mal à votre enfant et qu’il dure trop longtemps, cela exprime un mal être et il serait bon de se faire accompagner

Cotidiane

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