Mon post partum

Je ne vais pas écrire l’horreur mélangé au bonheur. J’ai eu de la chance.

Séparation pendant ma grossesse, on s’attendait au pire pour moi. Certains me suivent depuis cette époque et se souviendront peut-être que ce fut brutal.
Je suis rentrée vivre ma fin de grossesse chez mes parents y compris après l’accouchement. Et ce fut merveilleux.
Au regard de ma situation personnelle, j’ai été accompagnée par des psys, l’hôpital a pris le relais. J’ai eu une attention particulière augmentée par ma césarienne en urgence.

A l’hôpital, après l’accouchement, ce fut compliqué. Beaucoup d’angoisse, de la fatigue, de visites et de bruit.
Même si, les infirmières et les sages-femmes ont été adorables, venaient la nuit pour m’offrir des compresses sortant du congélateur pour atténuer mes démangeaisons : je n’avais qu’une envie : rentrer en sécurité.

Au retour de l’hôpital, on a cuisiné pour moi. On m’a laissé dormir. On a lavé mon linge. On a fait les courses. On a respecté que je ferme la porte de ma chambre. Je pouvais allaiter partout. A table ou dans mon lit.
Certains amis sont venus me voir chez moi. D’autres m’ont appelée et j’ai reçu de nombreux courriers et cadeaux par voie postale de celles et ceux qui étaient trop loin. J’ai passé des heures à imaginer mon prochain appartement et à choisir chacun des meubles.

Un mois après l’arrivée de ma fille, on n’a fait une grande fête avec les amis et la famille. Les frères et la sœur et certains de leurs amis. Il y a certaines personnes qui ont fait plusieurs heures de train, d’autres des covoiturages alambiqués.Il y a eu de la musique et à manger pour tous. On a ri et photographié à tout va.

Il y a eu aussi des larmes et des inquiétudes. J’avais Mandy, Ouided ou Marie pour échanger à longueur de journée. Comme une main sur l’épaule en permanence : tout va bien.
Je n’aurais jamais pu vivre mieux cette période. J’étais entourée, j’avais le temps. Je n’avais rien d’autre à penser que moi et l’enfant.
D’ailleurs, même après l’hôpital, j’ai continué à bénéficier d’un suivi rapproché. Des professionnels à mon écoute.

Bref, c’était une période flottante. Pleine de légèreté, de simplicité et d’amour. L’impression de vivre protégée et la certitude que tout allait/irait bien.

Ma question est alors pourquoi ne peut-on pas permettre aux parents de vivre cette période avec ce soutien et cette sérénité ? Pourquoi attendre seulement les « situations de crise » ?
L’arrivée d’un enfant est un chamboulement, peu important quand ou comment.
Il faut toujours le meilleur.

Peut-être “la faute” au féminisme?

Simone de Beauvoir déconstruit la maternité et en fait un obstacle à l’émancipation des femmes. Elle reproche à SA société que les femmes soient restreintes à leur rôle biologique. Alors, le fonctionnement du corps féminin est passé sous silence. On a vu disparaître des conversations tout ce qui avait trait au corps de la femme : les règles, la maternité, l’allaitement par exemple.

Et il a fallu cette phase qui a permis une certaine émancipation des femmes notamment sur le plan économique et financier mais épouser un système patriarcal dans lequel le sexisme est structurel pose problème et ne s’est pas fait sans conséquence.

La maternité, exclue du champ du féminisme, a amené à des tabous, des silences, de la culpabilité, une désinformation et un isolement. La grossesse, l’accouchement, la parentalité, ces sujets idéalisés fréquemment participent au diktat actuel.
Si la femme n’est pas née pour être mère, si elle a la possibilité de ne pas choisir la maternité, il faut que le féminisme réinvestisse ce champ sans en faire le pain des fossoyeurs d’une égalité encore trop précaire (et qui est d’autant plus précaire à la naissance d’un enfant).

La sororité et la libération de la parole comme on le voit sur les menstruations, les violences obstétricales ou sur la maternité doit permettre de développer un féminisme progressiste.

Cotidiane

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