La claque de la Communication Non Violente

Article Cotidiane

La classe dont je suis professeur principal est assez remuante. Après plusieurs cas de violence, verbale et physique, nous avons mis en place un projet autour de la Communication Non Violente (CNV).

Je pensais pratiquer la CNV au quotidien et quasi- naturellement et je trouvais qu’on en faisait assez autour de la bienveillance et tutti quanti…pourtant cette lecture fut une claque.

Il est vrai que je pratiquais la CNV en classe mais ce qui est vrai en classe ne l’est pas toujours en dehors de la classe.

En me plongeant dans ma lecture de Les mots sont des fenêtres de Marshall Rosenberg, je ne pensais pas être autant remuée. Je pensais encore moins que cela viendrait interroger aussi ma relation avec M.Pizzaguetti.

L’empathie vaut aussi pour les adultes.

« J’ai été frappé par le rôle déterminant du langage et de l’usage qu’on fait des mots »

Marshall Rosenberg

Si les enfants naissent avec une empathie naturelle, il est tout de même nécessaire de l’entretenir, de l’exercer pour que cette empathie perdure.

Les différentes lectures qui ont suivi, pointent l’école comme inhibiteur de nos compétences socio-émotionnelles c’est-à-dire faire de l’élève un illettré émotionnel.
On reproche que l’école ne se concentre que sur l’accumulation des savoirs, de l’acquisition d’une façon de penser au détriment des autres intelligences comme l’intelligence émotionnelle ou corporelle.

On remarque dans nos pratiques en EPS des élèves en grande difficulté car ils ont une faiblesse connaissance de leur schéma corporel

Formatrice à la pratique de la relaxation en classe

Kesako « compétences socio-émotionnelles » ?

C’est connaître les différentes émotions qui nous traversent, savoir les exprimer et les réguler, savoir comprendre l’autre, l’écouter, coopérer, résoudre les difficultés qui surgissent dans la relation aux autres et savoir entretenir des relations satisfaisantes.

Dr Catherine Gueguen – Heureux d’apprendre à l’école

Ce que j’ai appris :

Je suis dans la communication violente dans mes relations avec des adultes. C’est-à-dire que mon attention se porte toujours sur une analyse de la situation dans laquelle j’évalue les torts de l’autre plutôt que d’essayer de comprendre mes besoins ou ceux de l’autre personne.

L’une de mes croyances limitantes : l’adulte sait.

C’est d’ailleurs étrange comme je viens toujours me placer en dessous d’un autre adulte à cause de mon syndrome de l’imposteur et le sentiment de n’être pas « adulte » parce que je sais que je ne sais pas tout.

J’ai aussi compris en lisant que je n’exprimais rarement mes besoins de façon limpide. J’attendais toujours que l’autre les devine ce qui en général renforce ma frustration.

Par exemple : J’ai besoin d’être fréquemment encouragée, de mots doux et positifs. C’est comme un réservoir, tant qu’il est plein tout est ok mais dès qu’il commence à se vider… Je sombre dans une défaillance de confiance en soi grande comme l’univers. Je le sais mais cela finit toujours en chamaillerie au sein de mon couple. Plutôt que de dire « j’ai besoin de tes mots, là ». Je me referme, je laisse mon esprit se dire « il ne m’aime plus/il ne croit pas en moi » puis se dire « c’est toi qui pense ça parce que tu es vraiment une merde» et à la moindre chaussette qui traîne (volée par le chien), je finis par fondre en larmes, dire que M.Viking ne m’aime plus, que je suis transparente et juste bonne à ramasser les chaussettes.

En sentant que mon réservoir d’estime de moi était vide, je pouvais l’exprimer simplement. Je n’ai encore jamais réussi à le faire parce que ce n’est pas aussi simple de changer une habitude.

Ce qu’on appelle violence :

C’est un mode de pensée dans lequel on attribue la cause du conflit aux torts de l’autre combiné à une incapacité à admettre sa propre vulnérabilité c’est-à-dire percevoir nos propres besoins.

La CNV, alors ?

Bêtement, la CNV c’est

favoriser l’élan du cœur.

J’aime cette définition pour deux raisons : la première c’est que l’élan pointe la spontanéité et la seconde est qu’elle ancre le naturel de l’humain dans le bon.

En France, la culture commune – notamment hérité de notre cher Rousseau- par de principe que le cœur de l’homme est mauvais. D’ailleurs, il faut éduquer, éclairer, punir, contrôler car l’homme est incapable de bonté, de justice ou que sais-je.

C’est ainsi que se crée et perdure le rapport de domination, la manie de juger ou de commenter ce que font les autres. La médisance puise sa source dans la croyance que l’humain est naturellement défaillant, médiocre. Les sociétés basées sur la domination s’assurent ainsi qu’en étant tourné sur l’extérieur, en dehors de soi, on ne s’interroge pas sur nos besoins, nos sentiments, ce qui nous convient ou non.

Ici, je m’interroge beaucoup sur l’éducation, sur la bienveillance – mot galvaudé tellement il est utilisé à toutes les sauces – et ce rapport que l’on a. Souvent, j’ai vu des parents préférer croire ce qu’ils pensaient du comportement de leur enfant plutôt que de croire ce que l’enfant exprimait.

Souvent, c’est ce que j’ai vu à l’école. C’est ce sur quoi finalement, je travaille avec mes classes.

Apprendre à écouter sa voix intérieure, se faire confiance.

Cotidiane

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Revenir en haut de page