La puissance des mères

Si j’ai mis aussi longtemps à formuler ma critique, c’est peut-être à cause de l’école. Cette institution que j’aime temps, celle dont je fais partie et pour laquelle souvent je me bats. Il a donc fallu une introspection et une prise de distance. Non, ce n’est pas moi qui suis attaquée à travers cette critique de l’école et oui, oui cette critique est nécessaire.

Aujourd’hui, que ce soit en tant que mère ou que professeur, je ne peux pas nier cette critique. Je ne peux pas nier que l’école est un lieu de reproduction sociale. Je le vois aux visages lorsque je dis que ma fille est scolarisée en REP et plus récemment j’ai pu entendre le racisme ordinaire dans la bouche même de la maîtresse qui parlait de « petits diables » en évoquant des enfants dont la famille n’était même pas présente.
En tant que fille de, je me souviens de cette idée de ne pas se mélanger aux autres arabes. Outre l’orgueil de mon père car il est arrivé en France avec un dossier de bourse pour intégrer l’université de Montpellier par rapport aux « autres » arrivés parce qu’il fallait de la main d’œuvre et qui n’avaient pas toujours de diplôme voire jamais, il y avait l’idée de protéger ses enfants. Comme on peut le voir aujourd’hui avec les inscriptions dans des établissements privés pour échapper à la carte scolaire.

Cet essai fait du bien, il donne une place aux mères. Il redonne le pouvoir politique à celles à qui souvent on le confisque. Parce que mères, les femmes sont plus souvent taxées « d’hystériques » ou que l’on conditionne leur combat à un état émotionnel donc passager.

Comme le dit Fatima Ouassak, le combat des mères n’est ni passager ni un état émotionnel, il est une réponse à la question : Quel monde pour demain ? Quel monde pour nos enfants ?

Cet essai évoque aussi l’intersectionnalité, il se place au croisement des luttes anti-racistes, luttes de classes et des luttes féministes. Ce croisement qui accable les mères des classes populaires issues/ descendantes de l’immigration postcoloniale. C’est nécessaire de le mentionner car cela donne aussi matière à penser l’intersectionnalité comme universalisme et ne pas croire aveuglément les propos qui indiquent que l’intersectionnalité est contraire à l’universalisme. (Je reviendrai sur la notion d’universalisme à la française).

Enfin, aux luttes évoquées et aussi abordée la question de l’écologie notamment à travers une alternative végétarienne à la cantine municipale. L’écologie qui ne concerne pas seulement les privilégiés mais bien tous le monde. C’est une question de société qui traverse tous les champs qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux et ne peut être le réservoir de voix électorales pour certain.e.s, déconnecté.e.s des réels besoins de la société.

Cet essai part aussi de l’expérience personnel de Fatima Ouassak et des réponses qu’elle a trouvé, à sa hauteur pour agir. Ainsi, cela nous permet nous aussi d’imaginer des outils ou des alternatives pour prendre le pouvoir et agir car cela est essentiel. Le pouvoir des mères est d’abord une conquête locale.

Des podcats qui ont prolongé mon expérience :

One Reply to “La puissance des mères”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *