Race – Sarah MAZOUZ

C’est par le biais de l’intersectionnalité et du féminisme que je me suis penchée davantage sur cette notion de race mais aussi sur ce que cela renvoyait à mon histoire, ma construction. A ce sujet, l’épisode du podcats de La Poudre avec Mame-Fatou Niang est très bien fait.

« la race n’existe nullement au sens biologique et naturel que le raciste lui attribue. Mais elle existe bel et bien socialement comme régime de pouvoir. »

Un court essai très intéressant et qu’il faudrait mettre dans toutes les mains. Très pédagogique et accessible, il aborde des notions importantes. Ancré dans le paysage politique français, l’autrice explique la nécessité de l’emploi des mots « race », « racialisation » et « racisation ».

« Il (le débat) repose également sur la croyance, au demeurant naïve, selon laquelle affirmer l’inanité scientifique de la notion raciste de race suffit à lutter contre le racisme, sans qu’il soit pour autant nécessaire de désigner et de nommer les logiques suivant lesquelles une société produit des lignes de partage raciales entre ses membres. »

Ces termes sont à employer dans un contexte sociologique et ne sont pas la réhabilitation d’un discours biologisant. D’ailleurs, le post de au sujet de l’emploi de l’expression « couleur de peau » et du discours biologisant de la race est très intéressant.

Ainsi, la racialisation est une notion utilisée en sciences sociales pour expliquer et démontrer les logiques de production de hiérarchies raciales dans une société. Cette notion permet la mise en lumière de mécanismes de domination d’un groupe social par rapport à un autre.

Par exemple, les stéréotypes racistes concernant les personnes asiatiquetées sont positifs : travailleur, sérieux, bons en maths…. alors que les personnes issues de l’immigration maghrébine sont stéréotypées de façon négative : voleur, fainéant …
La société produit des logiques de hiérarchies sociales établies par rapport à la race, logique dans laquelle « blanc » est LA  référence.

Ainsi, la racialisation est la notion qui permet d’interroger la blanchité, le fameux privilège blanc qui offusque tant et tant. A ce sujet, je vous invite à écouter le podcast @kiffetarace avec Lilian Thuram au sujet de son dernier livre « La pensée blanche ». Comme dans plusieurs ouvrages, on revient sur la construction d’une pensée dominante dans laquelle les personnes blanches (au sens social) ne se pensent pas comme telle mais comme la norme, c’est-à-dire incarnant une forme de supériorité. Le blanc est la référence à partir de laquelle se construit une vision du monde.

« L’enjeu est alors de montrer comment le fait d’échapper à l’expérience des assignations racialisantes parce qu’on est blan.c.che.s se traduit en même temps parc une posture qui est politique et scientifique. […]
Scientifiquement, cette attitude se traduit par le fait d’ignorer délibérément ce que les travaux issus des expériences minoritaires apportent sur le plan du contenu des savoirs comme sur la manière même de concevoir leur validité. »

L’autrice va plus loin en démontrant également comment la politique identitaire actuelle brandissant l’universalisme républicain opaque est dangereuse pour l’égalité revendiquée.

Podcasts pour aller plus loin :

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