Viande à viol – Marine Peyrard

Ici, dans ce recueil autobiographique, l’autrice parle de ce que l’on nomme rarement comme tel.

Un V.I.O.L

Comment vivre après que l’homme qu’on aime est fait fi de notre consentement? Comment survivre quand à la figure de l’aimé se superpose celle du bourreau?

Dans une écriture poétique et douce, l’autrice évoque le.

Le vide, le néant, le dépouillement. Avec elle, on met du temps à accepter le viol par l’être aimé dans une société où le devoir conjugal est un motif de condamnation (lire ici par exemple).

Accepter être victime, entendre “c’est bon, ça va passer”. Entendre qu’on minimise, qu’on normalise parce que ces situations existent encore bien souvent.

J’ai dévoré ce recueil. La forme poétique nous transporte, parfois douce, parfois tranchante. Les formes libres permettent de mettre en lumière les sentiments parfois contradictoires qui habitent l’autrice.

C’est un très beau travail d’écriture, une expérience trop commune qui permettra à de nombreuses personnes de mettre un mot sur cette expérience.

La confrontation entre le ressenti et l’incompréhension du bourreau pour qui tout est normal et qui trouve injuste qu’elle lui tourne le dos.

C’est un texte important. Du viol à la déclaration en commissariat, du traumatisme, de l’intériorisation, de la culpabilité, de l’impossibilité de se dire victime, des expériences qui viennent en rebond, des amies.

C’est important, c’est beau.

Et aussi d’une tristesse infinie. La tristesse d’être dans ce système qui étouffe.

La tristesse de voir ses mains de femmes qui se tiennent dans une chaîne infinie de souffrances similaires. Histoire du non respect de la personne, des corps.

Comme si l’homme valait tant qu’il pouvait décider pour la femme, sur la femme. Inlassablement, sans conséquence. Naturellement.

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