Dans le ruisseau
derrière l’enfance recousue
des salamandres jaunes courent les parois boueuses
elles ont la gueule pleine de raisins noirs
pour leur festin tard le soir
avec les ragondins et les têtards

Dans la vase
des graines de soleil
on dirait des sourires
quelques roseaux,
des ronces et des orties
pour les colères silencieuses

Je me plante là avant la nuit
je suis la vouivre
je guette l’aube
la peau dans le vent
et je vois :

L’espoir s’ébrouer
plonger et nager
délivrer ses secrets
aux libellules et aux crapaud du petit ruisseau
Il crie sans bruit :
« Tu es assez, demain est beau.»

Elia MLK