Zizi Cabane – Bérengère Cournut

J’ai lu et suis encore totalement subjuguée par la beauté de ce texte. Tant le sujet que la langue m’ont émue.
Conquise par l’écriture de Bérengère Cournut, plus encore depuis Elisée par les chemins, je retrouve sa poésie pour dire des choses de la vie avec une écriture poétique et colorée.


Une mère disparaît et dans la tempête reste un père et ses trois enfants, Béguin, Chiffon et Zizi. C’est la dernière qu’on suit et grâce à qui on perçoit les contours de l’absence de la mère, Odile et de la famille. Cette excursion dans la famille de Ferment et Odile, on y a aussi accès grâce aux voix de chaque protagoniste. Un roman polyphonique doux.
Il y a des arrivées et des départs, on tisse du lien pour faire tenir les murs et quand ça fuit, on fuit. La famille prend une forme nouvelle, des personnes s’y ajoutent, les contours se modifient.
Il est question des folies de la vie et des jours qui défilent, de la douleur, de l’amour de l’absence qui occupe tout l’espace, qui nous habite et qui dévore.

“C’est étrange comme, parfois, “rien” a l’air d’être quelqu’un.”

C’est aussi un roman qui parle de la géographie de nos habitations comme de nos paysages, comment on évolue à l’intérieur de ces espaces, comment ces géographies laissent des traces en nous.

C’est beau beau beau.
J’étais habitée par l’eau qui dévale el roman et je la laissais couler en rigoles sages le long de mes joues.
Et on peut saluer la couverture sublime et les rabats qui accompagnent la lecture et qui vraiment m’émerveillent.