Dear Strong Sisters | Episode 2 : Emilie

Voilà, un nouveau projet et un nouveau format. Un format audio disponible ici sur Soundcloud.
Ce n’est pas parfait, ce n’est pas pro. C’est imparfait, c’est la vie.

Toujours beaucoup d’émotion et de stress aussi.

Le projet c’est mettre en avant des femmes du quotidien. Des femmes qui vivent leur vie, que l’on peut croiser chez le boulanger ou au bureau. Je crois sincèrement en la force de l’exemple …encore faut-il que l’exemple soit accessible pour ne pas nous décourager.

J’admire les femmes d’exception qui m’inspirent souvent mais je me suis souvent sentie démunie pour ce qui est le quotidien. L’idée de ce podcast c’est de faire de la place à nos héroïnes du quotidien.
Bonne écoute !

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Dear strong sisters,

C’est étrange, parce qu’on retrouve encore une amie de prépa. C’est étrange parce que c’est loin. Et en même temps, j’ai l’impression que c’est toujours là. Émilie bosse dans une médiathèque. C’est l’une des premières choses qu’elle dit. « Je bosse dans une médiathèque ». Pourtant, elle ne se définit pas par son métier. Enfin plus maintenant.
Par où commencer.
Emilie, lorsque je l’ai rencontrée, arrivait du Lot et Garonne, elle était une élève sérieuse, souriante et d’une gentillesse incroyable. Je me souviens surtout de nos après-midis à vaquer dans les librairies ou dans les rues entre deux lectures et du chocolat.
Je crois que ce n’est pas anodin. Cette ville dans laquelle Alice, Emilie, moi nous avons passé ces premières années d’études est le cocon dont nous avions besoin pour nous construire. Un havre de paix dans lequel évoluer. A y réfléchir, je pense même que mes deux années de prépa ont été une véritable expérience de sororité. Au creux d’une formation qui pousse à la concurrence, nous avons réussi à créer une famille au lien fort qui résiste au temps/
Après nos années cocon donc, Emilie s’est dirigée vers des études littéraires, les commentaires de texte et les livres. Elle a fait une L3 de lettres et là horreur : ancien français, grammaire, moins de philo, tout à l’eau.

C’est un coup. L’ennui est mortifère.

Cependant, Emilie est une battante, l’ennui ne la paralyse pas. Elle continue son chemin vers la médiation culturelle : renseigner les gens paumés ou ceux qui savent déjà ce qu’ils veulent. Elle fait un master des métiers du livre et passe un concours de la fonction publique un peu comme ça, et elle l’eut.
Seulement, l’ennui ne disparait pas. Aujourd’hui, elle se trouve un peu dans une impasse (intellectuelle). D’où l’envie d’aller vers autre chose.

C’est peut-être là la force d’Emilie. Emilie solaire, Emilie à l’écoute, Emilie présente pour ses amis, Emilie amour et bienveillance, elle sait dire « stop ». Elle sait dire sans cligner des yeux « Intellectuellement, mon métier m’ennuie. », « Intellectuellement, cela ne me convient pas, j’aspire à mieux. »
Je ne sais pas si vous vous rendez compte. Je crois que j’ai mis 28 ans à oser dire non ou demander plus que ce que l’on attendait de mon sexe. Emilie, chez elle, c’est sans détour. Elle s’affirme. Elle s’affirme mais pas sans mal. En effet, si elle sait ce qu’il lui convient ou non, elle reste son plus grand obstacle. Elle crée les conditions qui l’empêche de ne pas croire à certains de ses projets. Elle se limite. Lorsqu’elle en prend conscience, elle lutte.

Emilie est une guerrière.

Ainsi, elle souhaite devenir coach scolaire : accompagner des élèves de lycée dans leur orientation en travaillant sur leurs envies, leurs goûts, leur personnalité. Écouter, sentir qu’elle aide des personnes à se construire. En attendant de réaliser ce projet, ce qui n’est pas une mince affaire lorsqu’on est fonctionnaire, elle aimerait faire une prépa pour un autre concours de la filière culturelle. Un concours pour pouvoir animer une équiper, manager. Emilie a besoin de penser, de faire penser les autres.

Cette force, elle la tire de sa capacité à prendre de temps pour elle. Elle se fait de la place. Un bel acte militant. Ainsi, après avoir commencé le yoga en septembre, elle souhaiterait développer sa pratique. De même, elle aimerait prendre le temps dessiner juste pour elle. Emilie prend le temps de s’écouter et elle sent aujourd’hui, le besoin de mieux comprendre sa relation au Bénin, à sa famille.

Être, c’est aussi être en relation. Être dans le présent en relation avec le passé et en imaginant le futur. Être et transmettre : Que m’a-t-on transmis ? Que puis-je transmettre ?

Si elle n’y a jamais réellement réfléchi plus jeune, Emilie a parfaitement conscience depuis son entrée dans le monde du travail qu’il est nécessaire d’avoir confiance en soi en tant que femme et surtout qu’il faut se rappeler, se graver sur la peau que l’on ne doit rien nous dicter parce que l’on est femme.

 

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